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Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique

En cette période pré-électorale, nous vous invitons à lire les «Profession de Foi des 11 candidats» à la Lumière de l’Évangile et du texte de nos évêques «Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique» édité chez BAYARD-CERF et MAME (4€).

« Etre chrétien, ce n’est pas élever des murs mais construire des ponts. »

« L’engagement politique est d’abord un engagement au service de ses concitoyens »

« Le texte des Béatitudes dans l’Évangile peut-être relu comme un appel à servir et à s’engager auprès de nos frères en humanité. »

Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France a publié une lettre en dix points adressée aux habitants de France. Tout en proposant un constat et une analyse  cette lettre suggère des voies pour redonner sens à notre société. En voici quelques extraits.

 

Pourquoi prendre la parole ?

«Tout simplement parce que les catholiques, citoyens à part entière, […] ne peuvent se désintéresser de ce qui touche à la vie en société, la dignité et l’avenir de l’homme. Si, dans la tradition judéo-chrétienne, Dieu appelle tout homme par son nom, ce n’est jamais en tant qu’individu isolé, mais c’est toujours comme membre d’un peuple et pour l’ensemble de ce peuple auquel il est renvoyé. L’espérance chrétienne n’est donc pas seulement individuelle, elle est aussi collective.»

Les valeurs fragilisées

«Plus que jamais, nous sentons que le vivre-ensemble est fragilisé, fracturé, attaqué. Ce qui fonde la vie en société est remis en cause. Les notions traditionnelles et fondamentales de nation, patrie, République sont bousculées et ne représentent plus la même chose pour tous. […] Les valeurs républicaines de «liberté, égalité, fraternité», souvent brandies de manière incantatoire, semblent sonner creux pour beaucoup de nos contemporains sur le sol national.»

Crise de confiance

«La crise de la politique est d’abord une crise de confiance envers ceux qui sont chargés de veiller au bien commun et à l’intérêt général. Des ambitions personnelles démesurées, des manœuvres et calculs électoraux, des paroles non tenues, le sentiment d’un personnel politique coupé des réalités, l’absence de projet ou de vision à long terme, des comportements partisans et démagogiques… sont injustifiables et sont devenus insupportables.»

Lutter enfin contre le chômage

«La grande injustice – qui devrait être davantage la priorité absolue de notre vie en société – est le chômage. Le dernier rapport annuel du Secours catholique, en novembre 2015, est alarmant sur ce point avec le constat d’une pauvreté qui ne cesse d’augmenter dans notre pays, et les conséquences que cela entraîne en termes d’exclusion et de déstructuration de vie, en terme aussi de stigmatisation des pauvres.»

Refuser le communautarisme

«L’interpénétration croissante des sociétés est devenue une caractéristique majeure de la mondialisation. Cette nouvelle réalité fait apparaître […] le besoin profond des êtres humains et sociétés de reconstruire leur différence chaque fois que leur identité est secouée, malmenée. […] Il ne faudrait pas que les recherches et affirmations d’identités débouchent sur des enfermements identitaires. Plus que d’armure, c’est de charpente que nos contemporains ont besoin pour vivre dans le monde d’aujourd’hui.»

L’héritage chrétien

«Dans notre société, profondément redevable à l’égard de son histoire chrétienne pour des éléments fondamentaux de son héritage, la foi chrétienne coexiste avec une grande diversité de religions et d’attitudes spirituelles. Le danger serait d’oublier ce qui nous a construits, ou à l’inverse de rêver du retour à un âge d’or imaginaire ou d’aspirer à une Église de purs et à une contre-culture située en dehors du monde, en position de surplomb et de juge.»

Un projet européen

«Il faut reprendre le projet européen, lui redonner son souffle politique et démocratique. Une nation ne peut répondre seule à ses défis, et un projet européen repensé peut et doit précisément permettre le respect et l’expression des identités nationales et régionales. Dire cela va à l’encontre de beaucoup de discours ambiants. Pour un tel chantier, il nous faudra de vrais Européens, politiquement courageux et créatifs, qui ne privilégient ni n’opposent la scène nationale à celle européenne. Nous sommes convaincus qu’il ne peut y avoir d’avenir pour notre pays que dans une Europe forte et consciente de son histoire et de ses responsabilités dans le monde.»

Questions éthiques

«Aujourd’hui – le débat autour du «Mariage pour tous» ainsi que toutes les questions éthiques sur le début ou la fin de la vie, l’ont bien montré –, il n’y a plus, ou de moins en moins, de vision anthropologique commune dans notre société. […] L’une des difficultés est d’arriver à parler et à être entendu dans une démocratie d’opinion dans laquelle tout – même l’anthropologie – est soumis au vote.»

Une laïcité ouverte

«Notre pays est agité par un débat qui oppose les tenants d’une laïcité étroite qui voient dans toute religion un ennemi potentiel de la République et de la liberté humaine, et les partisans d’une laïcité ouverte qui considèrent la République comme la garante de la place des religions, de l’expression des convictions et des croyances, garante aussi de l’apport bénéfique qu’elles peuvent apporter à la vie de notre pays. La laïcité de l’État est un cadre juridique qui doit permettre à tous, croyants de toutes religions et non-croyants, de vivre ensemble.»

Laudato Si’

«Les enjeux écologiques et environnementaux sont en train de transformer en profondeur nos conceptions de la vie en société, et nous tournent vers des attitudes de simplicité, de sobriété, de partage. C’est bien ce que l’an dernier a voulu dire le pape François dans sa lettre-encyclique Laudato si’ qui a eu un écho bien au-delà des catholiques. Il fait le lien entre crise sociale, crise écologique et crise spirituelle, appelant à repenser nos modes de vie en société.»

Sursaut

«Il y a de la tristesse dans notre pays aujourd’hui. Tristesse de se voir ainsi, et de ne pas arriver à se rassembler pour l’élan dont il est capable, alors même que les épreuves et les incertitudes demandent que nous nous retrouvions.»

 

Extraits de la lettre du Conseil permanent des évêques de France Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique.